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Conseil Scientifique > Productions du Conseil Scientifique > Avis du Conseil Scientifique > Soins du patient ayant une consommation d’alcool à risque en médecine générale - Pour un repérage systématique et non jugeant

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Soins du patient ayant une consommation d’alcool à risque en médecine générale - Pour un repérage systématique et non jugeant

Avis du Conseil Scientifique du 18 juin 2019

Créé le mardi 18 juin 2019

Soins du patient ayant une consommation d’alcool
à risque en médecine générale -  Pour un repérage systématique et non jugeant.

Le repérage de l’usage d’alcool à risque est justifié par la mortalité attribuable à cette drogue, c’est la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac en France en 2015 (41 000 décès estimés)1. En 2017, 10% des français étaient usagers quotidiens et 35% des adultes ont eu au moins une alcoolisation ponctuelle importante au cours de l’année écoulée2.

En France, les critères pour définir qu’une consommation est à faible risque ont été récemment modifiés : pas plus de 2 verres par jour, au maximum 10 verres par semaine, avec au moins un jour sans alcool dans la semaine3.

Le repérage précoce suivi d’une intervention brève (RPIB) semble avoir un intérêt chez les personnes ayant une consommation d’alcool à risque, mais pas en cas de trouble d’usage de l’alcool (terme ayant remplacé le terme dépendance dans le DSM-5), notamment s’il est modéré ou sévère4. Son efficacité en soins premiers est modeste (diminution de la consommation déclarée d’alcool de 20 grammes par semaine [IC95% : 38 – 12])5. Pour autant, il semblerait y avoir un intérêt à la prise en charge des problèmes d’alcool pour les patients suivis en soins premiers par rapport aux soins spécialisés en addictologie avec deux fois moins de jours avec alcoolisation ponctuelle importante6.

Pour améliorer les modalités du RPIB en médecine générale pour les patients ayant une consommation d’alcool à risque, le Conseil Scientifique du CNGE rappelle que :

  • la population générale estime que le médecin généraliste est légitime pour les interroger sur leur consommation d’alcool7 ;
  • le nombre d’unités d’alcool permet d’estimer si la consommation d’alcool est à faible risque ou non. Des questionnaires validés en soins premiers sont disponibles pour évaluer le risque qu’il y ait un trouble de l’usage associé tels le FACE (Formule pour approcher la consommation d’alcool par entretien), l’AUDIT-C et le DETA (Diminuer – Entourage – Trop – Alcool)8 ;
  • du fait de la stigmatisation liée à un usage problématique d’alcool4, l’instauration d’une relation de confiance, non jugeante, est particulièrement importante9 ;
  • il semblerait que des interventions brèves répétées soient plus intéressantes qu’une intervention brève unique pour diminuer la consommation déclarée d’alcool et les alcoolisations ponctuelles importantes10.

La prise en charge du patient et l’analyse des outils disponibles en médecine générale seront publiés dans un prochain avis.

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Références

  1. Bonaldi C. Hill C. La mortalité attribuable à l’alcool en France en 2015. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire. N°5-6, février 2019. http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2019/5-6/pdf/2019_5-6_2.pdf
  2. Richard J.B., Andler R., Cogordan C., Spilka S., Nguyen-Thanh V., et le groupe Baromètre de Santé publique France 2017. La consommation d’alcool chez les adultes en France en 2017. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire. N°5-6, février 2019.  http://invs.santepubliquefrance.fr/beh/2019/5-6/pdf/2019_5-6_1.pdf
  3. Santé publique France - Alcool et santé : améliorer les connaissances et réduire les risques. https://www.santepubliquefrance.fr/Accueil-Presse/Tous-les-communiques/Alcool-et-sante-ameliorer-les-connaissances-et-reduire-les-risques
  4. Glass JE, Andréasson S, Bradley KA, Finn SW, Williams EC, Bakshi A-S, et al. Rethinking alcohol interventions in health care: a thematic meeting of the International Network on Brief Interventions for Alcohol & Other Drugs (INEBRIA). Addict Sci Clin Pract. 2017 10;12(1):14.
  5. Kaner EF, Beyer FR, Muirhead C, Campbell F, Pienaar ED, Bertholet N, et al. Effectiveness of brief alcohol interventions in primary care populations. Cochrane Database Syst Rev. 2018 24;2:CD004148.
  6. Oslin DW, Lynch KG, Maisto SA, Lantinga LJ, McKay JR, Possemato K, et al. A randomized clinical trial of alcohol care management delivered in Department of Veterans Affairs primary care clinics versus specialty addiction treatment. J Gen Intern Med. 2014 Jan;29(1):162–8.
  7. Field CA, Klimas J, Barry J, Bury G, Keenan E, Smyth BP, et al. Problem alcohol use among problem drug users in primary care: a qualitative study of what patients think about screening and treatment. BMC Fam Pract. 2013 Jul 13;14:98.
  8. Maynié-François C, Dupouy J, Le Conseil Scientifique du CNGE. Prendre en charge un patient ayant un trouble de l’usage de l’alcool en médecine générale. exercer. 2019;(152):175–81.
  9. Abdelnour X, Comes A. Place du médecin généraliste dans le repérage précoce des patients ayant un trouble lié à l’usage de l’alcool : point de vue des patients. Étude qualitative par entretiens semi-dirigés. Université Toulouse III - Paul Sabatier; 2017. http://thesesante.ups-tlse.fr/2090/
  10. Jonas DE, Garbutt JC, Amick HR, Brown JM, Brownley KA, Council CL, et al. Behavioral counseling after screening for alcohol misuse in primary care: a systematic review and meta-analysis for the U.S. Preventive Services Task Force. Ann Intern Med. 2012 Nov 6;157(9):645–54.



 

 


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