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Le CNGE et LA NOUVELLE CONVENTION MEDICALE
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Le CNGE et LA NOUVELLE CONVENTION MEDICALE

publié le mardi 11 janvier 2005, par Michèle LIEURADE



LE COLLEGE NATIONAL DES GENERALISTES ENSEIGNANTS
et LA NOUVELLE CONVENTION MEDICALE

Conférence de presse du 12 janvier 2005

Le CNGE (Collège National des Généralistes Enseignants), société scientifique représentant la discipline universitaire médecine générale, développe depuis des années les concepts qui définissent cette discipline de soins primaires. L’enseignement dispensé dans le cadre du Diplôme d’Etudes Spécialisées (DES) en place depuis cette année, est en cohérence avec les caractéristiques de la médecine générale énoncées dans sa définition européenne :

1.Premier contact avec le système de soins, permettant un accès ouvert et non limité aux usagers, prenant en charge tous les problèmes de santé, indépendamment de l’âge, du sexe, ou de toute autre caractéristique de la personne concernée.
2.Approche centrée sur la personne, dans ses dimensions individuelle, familiale et communautaire.
3.Mode de consultation personnalisée à travers une relation médecin-patient privilégiée.
4.Responsabilité de la continuité des soins dans la durée, selon les besoins du patient.
5.Utilisation efficiente des ressources du système de santé, à travers la coordination des soins et la gestion du recours aux autres spécialités.
6.Démarche décisionnelle spécifique, déterminée par la prévalence et l’incidence des maladies dans le contexte des soins primaires.
7.Prise en charge simultanée des problèmes de santé aigus ou chroniques de chaque patient.
8.Intervention au stade précoce et non différencié du développement des maladies, pouvant requérir une intervention rapide.
9.Développement de la promotion et de l’éducation de la santé.
10.Action spécifique en terme de santé publique.
11.Réponse globale aux problèmes de santé dans leurs dimensions physique, psychologique, sociale, culturelle et existentielle.

Le protocole d’accord conventionnel actuel est une négation de cette définition pourtant adoptée par tous les pays européens.

La mise en place du médecin traitant censé hiérarchiser le système de distribution des soins, est en fait un prétexte pour valoriser les soins secondaires (autres spécialités) ou tertiaires (hôpitaux).

Un déni de la discipline

Les caractéristiques de la médecine générale définissent le contour de la discipline. Il n’existe de fait aucune cohérence entre les missions consensuelles définies ci-dessus et la réforme du système de soins actuellement programmée.


Un déni de la fonction de spécialiste en soins primaires

L’analyse des textes montre que la majorité des propositions est la négation même des tâches professionnelles du médecin généraliste, maintenant spécialiste de médecine générale.


Contrairement à la reconnaissance universitaire de la spécialité Médecine Générale, c’est une non reconnaissance des rôles assumés par les médecins généralistes, une ignorance complète des évolutions à venir.

Les différentes catégories de professionnels de santé ont des tâches différentes pour lesquelles ils doivent avoir des compétences spécifiques et une formation adaptée.

La médecine générale est la seule discipline qui forme des médecins exerçant en ambulatoire et capable d’assurer l’ensemble des missions de soins primaires. Les médecins généralistes disposent de compétences polyvalentes pour recevoir des patients présentant des problèmes de santé indifférenciés et les prendre en charge dans toutes leurs dimensions : physique, psychologique, sociale, culturelle et existentielle. La coordination des soins nécessite une prise en charge globale, une hiérarchisation des différents problèmes du patient et la gestion des différents intervenants. L’attribution du rôle de médecin traitant à des médecins exerçant des spécialités pour lesquelles la formation à ces fonctions est absente, et de surcroît non ambulatoires, est un contre sens. C’est le retour plusieurs années en arrière, où tout médecin pouvait se réclamer compétent en médecine générale.

Un déni des besoins de la population et de la fonction de santé publique

Le protocole privilégie la seule rémunération à l’acte ignorant les fonctions « éducation, prévention, dépistage, suivi, synthèse ». La logique de santé publique est ignorée et se résume à donner un rôle de filtre économique en toute ignorance des compétences spécifiques des spécialistes de médecine générale : les étudiants deviendront-ils demain des officiers de santé ?. La médecine générale représente bien autre chose et la société civile est en droit d’exiger la qualité des soins que le CNGE entend défendre.


L’aggravation des perspectives démographiques et l’équilibre généralistes spécialistes

Dans le rapport Berland certains passages rédigés avant la signature du protocole font état d’inquiétude :

3.1 Une question essentielle, l’attractivité de l’exercice libéral de médecine générale

L’une des préoccupations essentielles exprimées par les professionnels auditionnés renvoie à l’attractivité de la profession de médecin généraliste libéral installé pour les jeunes diplômés. En effet, les jeunes diplômés cherchent souvent à pérenniser leur activité hospitalière ou toute autre exercice qui se distingue de celui de généraliste libéral...

De même, la multiplication de DESC conduit à accroître le nombre des spécialités, alors que l’objectif de réduction du nombre des spécialités devrait l’emporter. Les professionnels auditionnés rappellent ainsi qu’il y a 53 spécialités reconnues en France, contre 25 au niveau européen.... La création des DESC a finalement plus répondu à une logique universitaire de développement, qu’à une réflexion sur la réponse aux besoins des patients.

Les professionnels indiquent qu’il est important de se référer à la définition européenne de la médecine générale. Cette définition permet en effet de distinguer positivement ce qui caractérise l’intervention d’un médecin généraliste, et non de le définir en creux, comme le médecin qui intervient par défaut des autres spécialistes.

Les perspectives d’honoraires de consultation pour les futurs spécialistes de médecine générale à la hauteur des autres spécialistes sont inexistantes.
Les jeunes ne choisiront plus les soins primaires mais des spécialités plus « valorisantes » et mieux reconnues. Cette mort programmée de la discipline à terme conduira à une catastrophe sanitaire annoncée. Si cette réforme se met en place, il n’y aura dans 5 ans plus de médecin généraliste de soins primaires.

Le contexte de « libre circulation et de libre installation » est en porte à faux avec les autres systèmes européens. L’absence de réflexion sur les besoins de hiérarchisation du système de soins et l’ignorance délibérée des missions du médecin généraliste conduisent à des non sens inadmissibles.

Le système de distribution des soins en France est en danger.

Le bureau du CNGE


Collège National des Généralistes Enseignants
6bis rue des Deux Communes
94300 Vincennes


Réaction au protocole d’accord du 15 décembre 2004
Lettre à envoyer au Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche
MG France proclame la MG spécialité à part entière
Prix de thèse CGEP VII - CNGE
Référentiels métiers et CD rom « motivés » disponibles au CNGE





> Le CNGE et LA NOUVELLE CONVENTION MEDICALE 31 janvier 2005, par Dominique Dupagne

Bonjour,

Belle et courageuse analyse. J’espère que cette convention scélérate ne passera pas l’hiver, ou au moins que les forces vives de la médecine générale sauront réagir.

Le concept de médecin traitant est mort. Je trouvrais ce terme de toute façon péjoratif (le spécialiste pense, le généraliste traite).
Restons des médecins généralistes, ou des médecins de famille. Mais ne nous appelons plus "médecin traitant".

La difficulté est d’expliquer tout cela aux patients. Ce communiqué y contribue, je vais le lier à un texte que j’ai écrit pour le public.

Nous qui nous battons pour améliorer le statut des spécialistes en soins primaires, ne nous laissons pas maltraiter.

 :: Dominique Dupagne
Généraliste enseignant, Vice président du CMGE-UPMC, Médecin Habilité par l’ANAES pour l’EPP. Membre du Collège des lecteurs de la Revue Prescrire. Je ne suis ni médecin référent ni même sympathisant MG-France, juste révolté par une telle accumulation de bêtise et de mépris.

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> Le CNGE et LA NOUVELLE CONVENTION MEDICALE 13 janvier 2005

Merci pour ce communiqué de la part du bureau du CNGE. Merci d’avoir pris cette heureuse initiative de pointer le non-sens et l’incohérence sociétale en France autour de la distribution des soins, du circuit de soins. Par ailleurs, n’occultons pas la pérennisation du défaut de l’accès au soins dans notre pays favorisé (pour certains). Cette belle réforme n’a aucune attention à l’égard des personnes en précarité, en difficultés autres d’accès aux soins, etc... Pour quant la CMU bis pour rattraper le retard actuellement accumulé ? Merci au bureau du CNGE de dire officiellement ce que tant de médecins - un peu désemparés par le comportement de nos syndicats depuis pluysieurs décennies - pensent. A quoi bon s’investir si intensément (aux risques familiaux, financiers et de santé pour les généralistes enseignants toujours non reconnus dans leur statuts universitaires, malgré les paroles emphatueuses et manipulatrices) pour former de futurs médecins généralistes qui alimentent les services hospitaliers d’urgences, les services de médecine salariée divers et variés (sécurité sociale, médecine du travail, cotorep, labo, etc.), qui vont fournir une population de médecins dont le choix se résume à suivre un DESC pour exercer une médecine digne et reconnue ou rentrer dans les ordres des médecins aux pieds nus ? Comme si le corps des médecins généralistes "résistants" avait besoin de ce coup bas politico-syndical pour aggraver leur démotivation. Merci au bureau du CNGE de nous avoir donné un peu d’énergie pour continuer à résister dans ce monde de copins - coquins. Claude Rougeron

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> Le CNGE et LA NOUVELLE CONVENTION MEDICALE 13 janvier 2005, par Frédéric URBAIN

Je voulais simplement dire que j’ai été, à titre personnel, très touché que le CNGE (et à sa suite la SFMG), instance non politique, s’engage sur le fond de cette réforme. Frédéric Urbain MGE à PIFO, médecin référent, médecin habilité à l’EPP, directeur adjoint de réseau, ...

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> Le CNGE et LA NOUVELLE CONVENTION MEDICALE 15 janvier 2005, par Lamy Jacques-Patrice (PIFO)

Chers amis généralistes,généralistes enseignants,

je ne reprendrai pas ici la palette des sentiments négatifs que l’annonce du contenu de la réforme a généré chez moi comme chez beaucoup d’entre nous ... Les fantassins que nous sommes sont encore en première ligne pour asumer les responsabilités des dépenses, des echecs éventuels du dispositif que d’autres auront décidé pour eux et sans eux. J’ai signé l’option médecin référent en 99 et j’ai oeuvré pour le tiers payant, le Document Médical de Synthèse... tout ça pour rien ! La question qui se pose est de savoir si le but de cette réforme n’est pas son echec annoncé et programmé, permettant ainsi aux responsables politiques de mettre fin au monopole de la Sécurité Sociale dans notre pays, comme le prévoit le droit communautaire de la concurrence, tout en en faisant porter la responsabilité de cet echec sur le généraliste qui n’a pas accepté de défendre à lui tout seul le système de soin à la Française. Xavier Bertrand "... ne peut imaginer que le MG refuse de prendre en charge un patient ou le pénalise...qu’il revienne sur la relation de confiance médecin/malade..." QDM 140105. Encore une fois nos dirigeants comptent sur notre sacerdoce et notre esprit de sacrifice pour tout accepter... Pensent ils que nous soyons si peu adultes et inaptes à être reconnus et rémunérés à la hauteur de notre noble fonction ? Il est à remarquer que la désaffection des étudiants pour la MG n’est pas prise en compte et que nous sommes plus seuls à protester, cette fois ci les futurs "MG spécialistes" sont encore plus déçus que nous... Pourrions nous faire remplir les imprimés "médecin traitant" par nos patients et attendre pour les envoyer, c’est à dire rester dans la légalité et manifester notre opposition au projet ?

Le généraliste au centre du système de soin, un rêve que je fais depuis le début de mes études et qui m’a amené à rejoindre les organismes de formation, l’évaluation des pratiques, la coordination de réseau ... Dr Jacques-Patrice LAMY Généraliste

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> Le CNGE et LA NOUVELLE CONVENTION MEDICALE 12 janvier 2005, par Jean JOUQUAN

Chers amis, Je soutiens bien entendu sans réserve la position développée dans le communiqué de presse du 12 01 05. La nouvelle convention ruine complètement tous les efforts pédagogiques et scientifiques développés ces dernières années. Il faut défendre comme un bien commun non négociable le concept de médecin généraliste, professionnel expert en résolution de problèmes complexes de santé, indifférenciés, pris en charge en contexte de soins primaires et, le plus souvent, en milieu ambulatoire. Bon courage à tous. Jean JOUQUAN (Brest) Ancien "coordonnateur hospitalo-universitaire du 3° cycle de médecine générale" ayant tout fait pour que cette fonction devienne caduque

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N° 92
Mai - Juin 2010

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