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Conseil Scientifique > Productions du Conseil Scientifique > Extraits de brèves de la revue exercer > Le mirage des chiffres - mars 2012

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Le mirage des chiffres - mars 2012

Créé le mardi 10 avril 2012

Le mirage des chiffres

Le taux de survenue d’un évènement (= courbe de survie) et la capacité à détecter un cancer précocement ne démontrent pas qu’un dépistage sauve des vies. Ces deux types de présentations de l’impact d’un dépistage sont biaisés par le délai de survenue de la pathologie étudiée dans la tranche d’âge choisie et par les sur-diagnostics à savoir les cancers qui n’auraient pas évolué. Dans le cadre d’un dépistage, ces deux présentations peuvent être séduisantes alors qu’il n’y a aucun impact sur la mortalité. Ces données sont pourtant souvent utilisées pour promouvoir le dépistage.

L’objectif d’une étude américaine 1 a été d’évaluer si les médecins généralistes interprétaient correctement les statistiques de dépistage ayant un rapport avec le nombre de vie sauvées. 412 médecins généralistes américains ont été interrogés par internet en 2010 et 2011. Ils ont reçu les résultats de deux tests de dépistage fictifs. Les résultats du 1 er test étaient présentés sous forme d’une courbe de survie à 5 ans et de chiffres sur la précocité de détection du cancer. Les résultats du 2 e test étaient présentés sous forme du taux de mortalité et du taux d’incidence. Le 1 er test augmentait le taux de dépistage positif de 68 % à 99 % sur 5 ans alors que le 2 e test diminuait la mortalité par cancer de 2 à 1,6 pour 1 000 patients. Les médecins étaient plus enthousiastes avec le 1 er test qui s’appuyait sur des résultats moins pertinents cliniquement : il était recommandé par 69 % des médecins contre 23 % pour le 2 e test ( p < 0,001). Les médecins ne distinguaient pas le degré de pertinence de ces différentes présentations statistiques : 76 % vs 81 % ont considéré que les données présentées signifiaient que les deux tests de dépistage sauvaient des vies ( p = 0,39). Environ un médecin sur deux pensait que l’augmentation du nombre de cancers dépistés démontrait l’intérêt du dépistage comparativement à une population non dépistée. La subtilité réside dans le devenir clinique des patients, car dépister ne signifie pas guérir. Il faut également tenir compte des sur-diagnostics et des cancers induits par le dépistage.

Il faut garder à l’esprit que seule la réduction de la mortalité dans un essai randomisé démontre l’intérêt d’un dépistage.

  1. Wegwarth O, Schwartz L, Woloshin S, Gaissmaier W, Gigerenzer G. Do physicians understand cancer screening statistics? A national survey of primary care physicians in the United States. Ann Int Med 2012;156:340-9.

Pour le Conseil Scientifique, Hélène Vaillant-Roussel et Denis Pouchain.


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